Bill Clinton émissaire spécial de l’ONU à Haïti

L’ex-président des Etats-Unis Bill Clinton a été nommé émissaire spécial de l’ONU pour Haïti par le secrétaire général Ban Ki-moon, a annoncé mardi une porte-parole, Marie Okabe.

«Cette nomination s’inspire de l’engagement profond de Clinton pour la cause d’Haïti, lorsqu’il était à la Maison Blanche et plus récemment par son appel à l’action pour Haïti dans le cadre de l’Initiative Clinton en septembre 2008», a déclaré Okabe.

Dans son nouveau rôle, l’ancien président démocrate «aidera à galvaniser les efforts de reconstruction sociale et économique en Haïti». Il portera une attention particulière à la sélection de nouveaux partenaires et de nouvelles actions du secteur privé, de la société civile et des donateurs, a-t-elle ajouté.

Le secrétaire général est convaincu que l’ex-président des Etats-Unis «apportera énergie, dynamisme et concentration afin de maintenir l’intérêt du monde pour les efforts de reconstruction d’Haïti».

L’époux de l’actuelle secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait déjà joué un rôle d’émissaire spécial de l’ONU lorsqu’il avait été chargé de coordonner les efforts de reconstruction après le tsunami qui avait dévasté plusieurs pays d’Asie du Sud fin 2004.

Sa nomination a été saluée par le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza.

Dans un communiqué, ce dernier salue le fait que Bill Clinton «incarne mieux que quiconque une nouvelle tendance qui consiste à se concentrer sur la recherche de voies nouvelles afin de faire d’Haïti un pays viable et à affronter les problèmes réels du pays».

La décision de Ban «va dans le sens que désire suivre le gouvernement haïtien», ajoute-t-il.

Source : AFP

Kréyol Factory le Monde

Voici le point de vue du monde sur l’exposition Kréyol Factory (La Villette, Paris, jusqu’au 5 Juillet, de 5 à 7€).

LE MONDE (17 Avril 2009) :

« Kréyol Factory » est une exposition, mais plus, car les pans de l’univers créole qu’elle dévoile flirtent certes avec la peinture ou la photographie, mais s’appuient essentiellement sur la musique et les mots. Les murs de la Grande Halle de La Villette, à Paris, se parent de cette écriture vivante, percutante et politique, de Patrick Chamoiseau, Aimé Césaire, Raphaël Confiant, Maryse Condé…
Dans la Grande Halle, la question créole – culture, race, colonialisme, diaspora… – est mise en espace dans un décor simulant la tôle et le carton, matériaux du pauvre et de la débrouille, ce qui sied à la transhumance déployée par ces peuples partis d’Afrique pour une part, mais dont l’épicentre exogène s’est peu à peu déplacé vers Paris, Londres ou New York.
« Kréyol Factory » n’est pour autant jamais misérabiliste. Elle vit, présente des courts métrages où de resplendissantes mamas martiniquaises ou de larges gaillards haïtiens donnent des recettes de cuisine, des cours de rituels vaudous ou des indications sur leur perception des nuances de couleur de la peau. En face, une pensée définitive du psychiatre martiniquais Frantz Fanon (1925-1961), auteur de Peau noire et masques blancs, dont on ne peut toujours pas faire l’économie si l’on désire comprendre les chocs souterrains de la France des Antilles : « Le Nègre n’est pas, pas plus que le Blanc. »
Dès l’entrée, il y a donc une carte sommaire, où figure un archipel perdu, les Chagos, sept atolls, cinquante îles, prolongement des Maldives en plein océan Indien. Au passage, on notera que l’apport des Indiens (d’Inde) à l’île Maurice, La Réunion, mais aussi à la Martinique et la Guadeloupe n’est pas gommé, redressant une perspective souvent biaisée par la seule question de l’esclavage des Africains.

PAROLE NÈGRE

Aux côtés de ce repère géographique, une oeuvre du Guadeloupéen Thierry Alet, recopiant Cahier d’un retour au pays natal, d’Aimé Césaire, des phrases calligraphiées et privées de blancs entre les mots, mais où dans le bleu outremer et les dorures surgit la parole « nègre ». Voir ou ne pas voir ce que l’on est, c’est aussi la question posée par Jorge Pineda, né en 1961, en République dominicaine, auteur d’Afro Issue I, six personnages en bois coloré, dont les têtes disparaissant dans le mur sont remplacées par des entrelacs de lignes noires en boule figurant une chevelure afro. Ainsi « Kréyol Factory » force le trait sur le symbole. Labyrinthique mais ordonnée, l’exposition est découpée par thèmes de réflexion (« Noir comment ? », « Chez soi, de loin »), s’appuyant aussi sur des imaginaires essentiels – le mythe de l’Afrique ou du roi noir (le rastafarisme), le vaudou, la musique, ici essentielle.
Des bornes proposent l’écoute de ces formes indissociables de l’identité créole que sont le bel air martiniquais, le maloya réunionnais, les steel bands de Trinité-et-Tobago, etc. Un couloir donne à voir et à écouter les musiques de carnaval de toutes les Caraïbes et de Guyane, que l’apparition du hip-hop ou de la samba-reggae ont rendu plus fortes encore.
Les ravages de la mondialisation sur ces territoires fragiles sont traduits dans le choix photographique. Les montages du Martiniquais Jean-Luc de Laguarigue mettent face à face les jardins du Morne-Vert, les autoroutes, les démolitions et le paysage idyllique de la plage du Diamant. Les grands formats de l’Américaine Phyllis Galembo reviennnent sur la symbolique ultra-colorée de l’univers vaudou haïtien – à mettre en parallèle avec le travail en noir et blanc de la Britannique Leah Gordon, photographe du surréaliste carnaval de Jacmel, sur la côte sud de Haïti.
Le rastafarisme, né en Jamaïque de la pensée d’un idéologue de la négritude, Marcus Garvey, a droit à sa salle – au mur, le texte de Redemption Song, de Bob Marley. Aucune trace de Cuba, par contre, ici exclu du champ de la créolité, alors même que Tony Capellan, de Saint-Domingue, expose Mar Caribe, une oeuvre rappelant les artistes cubains de la « période spéciale » des années 1990, celle des balseros. C’est une vague bleu et vert, faite de tongues aux attaches en fil de fer barbelé. La salle d’exposition ouvre une magnifique perspective sur la fontaine aux Lions de Nubie, conçue par Girard, trente-sept ans avant le décret d’abolition de l’esclavage de 1848.

Source :
Vaudou et négritude : la créolité en musiques, en mots et en images

Kreyol Factory à la Villette

L’identité créole s’expose à Paris

Quelques semaines après les évènements aux Antilles, un cycle explore les mondes créoles, qui s’étendent des Caraïbes à l’Océan Indien.

Jusqu’au 7 juillet prochain à La Villette de Paris.

C’est un hasard du calendrier qui tombe à point nommé. Quelques semaines après la fin des émeutes en Guadeloupe, s’ouvre cette semaine à la Villette un cycle d’expo, de performances et de concerts consacrés aux mondes créoles.

(…)

Le point commun entre ces îles c’est bien sûr « la rencontre dans la grande marmite coloniale », un passé esclavagiste et l’inscription dans un processus de créolisation qui s’est d’abord fondé sur de la violence. Au-delà de l’intérêt esthétique qu’offre cette exposition (qui permet de découvrir de nombreux artistes ayant retranscrit le processus même de créolisation dans leurs gestes artistiques, avec des pratiques comme l’assemblage, le recyclage ou le palimpseste) c’est surtout son approche volontairement complexe et éminemment contemporaine qui séduit.

Sur un ensemble de 3000 m2 entièrement scénographié par Raymond Sarti qui a transformé la grande Halle de la Villette en un gigantesque bras de mer, « Kreyol Factory » se divise en trois grandes sections : « l’Afrique comme communauté imaginée », « Noir comment ? » et « les Nouveaux mondes » qui dans la lignée d’Edouard Glissant étend le concept de créolisation à celui de mondialisation.

Comme le rappelle l’artiste réunionnais Jack Beng Thi « on assiste aujourd’hui à un phénomène intéressant qui consiste pour ces populations à non plus regarder vers l’Europe ou l’Amérique mais à se retourner sur leur histoire complexe et enchevêtrée. C’est le cas notamment à la Réunion où l’on redécouvre des liens avec des pays en pleine explosion comme la Chine ou l’Inde. Comme s’il s’agissait de recréoliser la créolisation ». Un projet passionnant qui permet d’amorcer en profondeur une réflexion sur la difficulté pour des départements comme la Guadeloupe ou la Martinique à s’inscrire dans une histoire complexe et hybride et pour la métropole – qui a trop longtemps considérer ces individus comme des citoyens de seconde zone – à effectuer un travail de mémoire nécessaire.

« Kreyol Factory », jusqu’au 7 juillet à la Grande Halle de la Vilette, Parc de la Villette, 211 avenu Jean-Jaurès, Paris XIXè, tél 01.40.03.75.75.

Source :
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/lidentite-creole-sexpose-a-paris/

Site Rap kreyol Music

Pour les amateurs de « Rap kreyol », voici quelques une des meilleurs vidéos publiée sur le site musiquehaïtienne.fr ou l’on peu écouter du (très) bon rap kreyol haitien :

La vi pa’m Jenary Vox (feat Beken)
G Bobby Bon Flo RIP
Barikad Crew Teyat
Black Dada I Am A Zoe
Barik​ad Crew​ “Toup Pou Yo”
Mysti​k 703 “nou nan lakou​-​a”
Barik​ad Crew​ Ayiti​ Pi Rèd
Barik​ad Crew feat Wayne​ Wonde​r
Barikad Crew “Toup Pou Yo” Live
Barik​ad Crew​ Mete l
Barikad Crew & Wyclef Jean Bay Micro’m Volume
RockF​am Pi Wo
Ayiti Diasporap Kanaval 2009
Zing Experience Remember
Raram No Limit “opa kok”
Rappeur Association Sudestois (R.A.S) Kanaval 2008
Barikad Crew Bay hip hop bourad
Barikad Crew Tay Kreyon
Barikad Crew Tifi Pile Tigason Pyafe
Barikad Crew Trip n’ap Trip