Erol Josué PELERINAJ

Erol Josué présente son nouveau projet « PELERINAJ » sur le site français de crowdfunding kisskissbankbank.com

J’ai besoin de votre soutien pour mener à bien et donner une ampleur internationale à mon projet «PELERINAJ» : un disque ainsi qu’une création scénique, initié suite au séisme de janvier 2010 en Haïti. Il s’agit d’un voyage qui sillonne la ville, le vodou et ma mémoire à travers des sons et des gestes à la fois personnels et mythiques liés à Haïti.

En retour vous pourrez par exemple avoir l’album dédicacé chez vous avant la sortie pour 19€.

Ou encore le Pass ‘Vodou’ VIP… et de nombreuses autres contributions sympathiques… A voir ici :

Erol Josué & Jean-François Pauvros

Un petit film de 6 minutes que je viens de réaliser (avec geomuse.fr), suite au concert d’Erol Josué et de Jean-François Pauvros au Centre musical Fleury Goutte d’Or Barbara en octobre 2011.

Extraits du spectacle d’erol Josué avec JF Pauvros (cordes), Roger Raspail (tambour ka), Jorge Bezerra (percussions), Frank Nelson (contrebasse), notamment.

Images : Louis Collin / Production : geomuse.fr / Partenaire : musiquehaitienne.fr

Ti-Coca Simbi Dlo

Il y a quelques jours, j’assistais armé de ma caméra au concert de Ti-Coca et de son groupe à Paris ; je suis très heureux de partager avec vous un instant de ce moment privilégié. Ti-Coca représente selon moi le meilleur de ce que l’on peut appeler le « folk » haïtien.

Ti-Coca & Wanga Nègès interprètent ici le classique vaudou haïtien « Simbi Dlo » (le mardi 15 Juin 2010 au Zèbre de Belleville à Paris).

Images & réalisation : Louis Collin

Simbi représente une famille de dieux serpent, Simbi Dlo est le gardien des sources et des points d’eau. Pour écouter d’autres interprétations du titre Simbi Dlo RDV ici

Merci au groupe et à Accords Croisés.

Anne Lescot & Inrocks

Haïti : “Pas de vie sans mort, pas de mort sans vie”

Le séisme a fait plus de 150 000 victimes. Dans le culte vodou, sans sépulture décente, les morts reviennent. L’anthropologue haïtienne Anne Lescot décrypte cette religion qui imprègne le quotidien.
(…)
On lit dans la page “Vaudou” de Wikipédia qu’il y a cinquante millions de pratiquants dans le monde. Je me demande où ils sont !

Le vodou, c’est une marque déposée, c’est haïtien. A Cuba, juste en face d’Haïti, on pratique la santeria, l’espiritismo, etc. Au Brésil, le candomblé, l’ubanda, etc. Il s’agit aussi de cultes venus d’Afrique, mêlés de cultes indigènes et de christianisme, mais ce n’est pas le vodou. Dans le vodou, les morts ont une place importante. On dit qu’ils cohabitent avec les vivants. Que s’ils ne sont pas enterrés selon les rituels, ils reviennent hanter les vivants. C’est vrai. Pas de vie sans mort, pas de mort sans vie. Sans sépulture correcte, les morts reviennent. Ils apparaissent dans les rêves, provoquent des maladies, des accidents, ils envoient des signes, que le hougan interprète. Après le décès, on fait une neuvaine : on veille le mort pendant neuf jours, on accueille les amis, on nourrit les lwas. Puis on sort le cercueil pour le promener dans la ville. On le fait tourner dans les carrefours pour lui faire perdre son chemin, qu’il ne puisse pas retrouver le lieu où il est mort.

Lire la suite sur les Inrocks :
http://www.lesinrocks.com/

Quelques lieux Vaudou Haiti

Un aperçu de quelques hauts lieux de pèlerinage vaudou en Haïti.
Cette séquence a été diffusée au Musée d’Ethnographie de Genève dans le cadre de l’exposition « Vodou, un art de vivre ».

Kréyol Factory le Monde

Voici le point de vue du monde sur l’exposition Kréyol Factory (La Villette, Paris, jusqu’au 5 Juillet, de 5 à 7€).

LE MONDE (17 Avril 2009) :

« Kréyol Factory » est une exposition, mais plus, car les pans de l’univers créole qu’elle dévoile flirtent certes avec la peinture ou la photographie, mais s’appuient essentiellement sur la musique et les mots. Les murs de la Grande Halle de La Villette, à Paris, se parent de cette écriture vivante, percutante et politique, de Patrick Chamoiseau, Aimé Césaire, Raphaël Confiant, Maryse Condé…
Dans la Grande Halle, la question créole – culture, race, colonialisme, diaspora… – est mise en espace dans un décor simulant la tôle et le carton, matériaux du pauvre et de la débrouille, ce qui sied à la transhumance déployée par ces peuples partis d’Afrique pour une part, mais dont l’épicentre exogène s’est peu à peu déplacé vers Paris, Londres ou New York.
« Kréyol Factory » n’est pour autant jamais misérabiliste. Elle vit, présente des courts métrages où de resplendissantes mamas martiniquaises ou de larges gaillards haïtiens donnent des recettes de cuisine, des cours de rituels vaudous ou des indications sur leur perception des nuances de couleur de la peau. En face, une pensée définitive du psychiatre martiniquais Frantz Fanon (1925-1961), auteur de Peau noire et masques blancs, dont on ne peut toujours pas faire l’économie si l’on désire comprendre les chocs souterrains de la France des Antilles : « Le Nègre n’est pas, pas plus que le Blanc. »
Dès l’entrée, il y a donc une carte sommaire, où figure un archipel perdu, les Chagos, sept atolls, cinquante îles, prolongement des Maldives en plein océan Indien. Au passage, on notera que l’apport des Indiens (d’Inde) à l’île Maurice, La Réunion, mais aussi à la Martinique et la Guadeloupe n’est pas gommé, redressant une perspective souvent biaisée par la seule question de l’esclavage des Africains.

PAROLE NÈGRE

Aux côtés de ce repère géographique, une oeuvre du Guadeloupéen Thierry Alet, recopiant Cahier d’un retour au pays natal, d’Aimé Césaire, des phrases calligraphiées et privées de blancs entre les mots, mais où dans le bleu outremer et les dorures surgit la parole « nègre ». Voir ou ne pas voir ce que l’on est, c’est aussi la question posée par Jorge Pineda, né en 1961, en République dominicaine, auteur d’Afro Issue I, six personnages en bois coloré, dont les têtes disparaissant dans le mur sont remplacées par des entrelacs de lignes noires en boule figurant une chevelure afro. Ainsi « Kréyol Factory » force le trait sur le symbole. Labyrinthique mais ordonnée, l’exposition est découpée par thèmes de réflexion (« Noir comment ? », « Chez soi, de loin »), s’appuyant aussi sur des imaginaires essentiels – le mythe de l’Afrique ou du roi noir (le rastafarisme), le vaudou, la musique, ici essentielle.
Des bornes proposent l’écoute de ces formes indissociables de l’identité créole que sont le bel air martiniquais, le maloya réunionnais, les steel bands de Trinité-et-Tobago, etc. Un couloir donne à voir et à écouter les musiques de carnaval de toutes les Caraïbes et de Guyane, que l’apparition du hip-hop ou de la samba-reggae ont rendu plus fortes encore.
Les ravages de la mondialisation sur ces territoires fragiles sont traduits dans le choix photographique. Les montages du Martiniquais Jean-Luc de Laguarigue mettent face à face les jardins du Morne-Vert, les autoroutes, les démolitions et le paysage idyllique de la plage du Diamant. Les grands formats de l’Américaine Phyllis Galembo reviennnent sur la symbolique ultra-colorée de l’univers vaudou haïtien – à mettre en parallèle avec le travail en noir et blanc de la Britannique Leah Gordon, photographe du surréaliste carnaval de Jacmel, sur la côte sud de Haïti.
Le rastafarisme, né en Jamaïque de la pensée d’un idéologue de la négritude, Marcus Garvey, a droit à sa salle – au mur, le texte de Redemption Song, de Bob Marley. Aucune trace de Cuba, par contre, ici exclu du champ de la créolité, alors même que Tony Capellan, de Saint-Domingue, expose Mar Caribe, une oeuvre rappelant les artistes cubains de la « période spéciale » des années 1990, celle des balseros. C’est une vague bleu et vert, faite de tongues aux attaches en fil de fer barbelé. La salle d’exposition ouvre une magnifique perspective sur la fontaine aux Lions de Nubie, conçue par Girard, trente-sept ans avant le décret d’abolition de l’esclavage de 1848.

Source :
Vaudou et négritude : la créolité en musiques, en mots et en images