Arcade Fire Haiti

La chanson Haiti d’Arcade Fire (2007).
Un bel hommage à Haiti de la part du groupe, en partie en français. Il est question de Duvalier, d’armes, et d’exil, mais aussi d’insoumission : Guns can’t kill what soldiers can’t see.
L’artiste, chanteuse, Régine Chassagne (Canada) est d’origine haïtienne. Et le groupe Arcade Fire s’est en outre engagé pour Haiti.

Voici les paroles d’Haiti d’Arcade Fire:

Haiti, mon pays
Wounded mother I’ll never see
Ma famille set me free
Throw my ashes into the sea

Mes cousins jamais nes
Hantent les nuits de Duvalier
Rien n’arrete nos espirits
Guns can’t kill what soldiers can’t see

In the forest we are hiding
Unmarked graves where flowers grow
Hear the soldiers angry yelling
In the river we will go

Tous les morts-nes forment une armee
Soon we will reclaim the earth
All the tears and all the bodies
Bring about our second birth

Haiti, never free
N’aie pas peur de sonner l’alarme
Tes enfants sont partis
In those days their blood was still warm

Retour sur Fond-des-Nègres

Alors que le musicien Wyclef Jean a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle d’Haïti, les Inrocks sortent de leurs tiroirs une très bonne chronique de Charles Najman, publiée initialement en Août 1997 :

Une étonnante maison de bois se profile sous un ciel lourd, gris anthracite.Installé en plein centre de la capitale, près du théâtre traditionnel des coups d’Etat qu’est le Palais national, l’hôtel Oloffson est le refuge des journalistes qui viennent encore écrire ici un article choc qu’ils intituleront fatalement »La République du cauchemar » ou, mieux encore, « Au pays des zombis » : Haïti reste décidément le mauvais rêve de la presse internationale. Un pays qui a des journaux et des mambos (prêtresse du vaudou), des partis et des esprits, des édits et des gris-gris, des lois et des loas (en créole, dieux du vaudou) ne se laisse pas facilement saisir par les gros titres des médias. Trop de contrastes, d’invraisemblance et d’incohérence pour les éditoriaux de l’Occident. On ne passe pas si facilement des quais de la Seine aux rives d’Agoué, le génie aquatique du vaudou haïtien.

L’Oloffson, c’est l’illusion perdue de Port-au-Prince. Dans cette ville en pleine destruction, saturée de bidonvilles, l’élite tente de recréer un paradis tropical pour cartes postales. Dans les années 50, c’est ici que Graham Greene écrivit Les Comédiens, un roman acerbe sur la dictature duvaliériste et les sinistres tontons macoutes, dans lequel l’hôtel jouait le rôle de décor principal. Avec l’adaptation hollywoodienne du livre, interprétée par Elizabeth Taylor et Richard Burton, l’Oloffson devint brusquement un rendez-vous obligé de la jet-set internationale. (…)

A lire sur le site des Inrocks