Quelques jours après sa malheureuse disparition.
Un making of du magnifique film Royal Bonbon de Charles Najman, tourné en Haïti en 2001.
Adieu Charles Najman
Charles Najman est mort. Une nouvelle surréaliste comme sa vie. Comme chaque personne qui l’on côtoyé, j’aurais plus d’une bonne dizaine d’anecdotes à raconter le concernant. Comme cette fois dans le métro, où voyant une femme se préparant à sortir de la rame, il lui fit une déclaration d’amour enflammée, le genou à terre… la femme sourit et sembla même hésiter une seconde avant de sortir et de le laisser là se rassoir sur son strapontin comme un pauvre ; « Heureusement qu’elle n’est pas restée sinon j’étais dans la merde! » me dit-il sous l’oeil rieur des passagers…
Mais ce que je veux dire ici sur ce site consacré à la musique haïtienne, c’est qu’Haïti vient de perdre un de ses meilleurs ambassadeurs. C’est avec lui que commence véritablement mon travail sur la musique haïtienne. A la sortie de son superbe film Royal Bonbon, Charles m’accorde un long entretien chez lui. Ce fut l’amorce de mon travail d’historien et la rencontre avec un homme brillant, inspirant, passionné de musique, mais pas forcément à l’aise avec celle d’Haïti, ce pays lui ayant finalement apporté beaucoup plus que sa musique.
L’ambassadeur du « peuple le plus fou de la terre » selon ses dires, était forcément un peu fou aussi. Selon certains Haïtiens, mon essai sur Haïti était remarquable, mais si l’on pouvait lui apporter une critique, ce serait qu’il était peut-être trop « Najmanien ». À savoir qu’il valorisait ce recul par rapport au pays que seul un non Haïtien peut avoir, un recul précieux pour comprendre et apprécier cette culture haïtienne si particulière. Najman apportait cela, une ouverture qui rendait Haïti lisible de la plus belle des façons. D’une certaine manière, je reste amère que son oeuvre fut si peu relayée, malgré le côté mondain de l’homme, il reste un parfum d’inachevé, d’artiste incompris qui me dérange le concernant. Voilà pourquoi son départ reste une injustice, qu’il nous convient à tous de réparer, en regardant ses films, en les partageant, en en parlant, en les faisant sortir de la seule communauté haïtienne. Tout le sens de ce travail ici même concernant la musique, il faut le faire pour l’oeuvre de Najman. Cinéaste de l’injustice, il aurait mérité plus de justice et de reconnaissance dans son travail, voilà ma conviction. L’homme brillant s’est brulé les ailes, mais sa mémoire restera parmi nous. Merci Charles pour tout ce que tu m’as apporté et que je t’ai rendu comme j’ai pu. Je vais continuer inlassablement à promouvoir ton héritage.
Louis
Filmographie
1996 La Mémoire est-elle soluble dans l’eau ?
1999 Les Illuminations de Mme Nerval
2002 Royal Bonbon
2004 Haïti : la fin des chimères ?
2011 Une étrange cathédrale dans la Graisse des ténèbres
2014 Pitchipoï

Charles Najman à Montreuil
Le film Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres de Charles Najman sera projeté au cinéma le Méliès à Montreuil mercredi 16 novembre.
Charles Najman parle de son film "Une étrange… par Reseau-Culture-Haiti
Real. Anne Lescot / Montage Julien Beaunay / 2011
Franketienne Discours UNESCO
Discours de Franketienne lors de l’avant-première du film de Charles Najman Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres, le 30 mai 2011 à la Maison de l’UNESCO, Paris.
Images : Louis Collin / Production / iPhone4 / geomuse.fr / musiquehaitienne.fr
Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres
Charles Najman presentera son nouveau film « Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres » le 30 mai 2011 à la Maison de l’UNESCO, Paris. A ne pas louper donc, plus d’infos sur le fly…
Pour demander une invitation gratuite, il convient d’envoyer un mail à cette adresse : evenements2@unesco.org
EDIT : Ceux qui n’ont pas reçu leur carton peuvent imprimer l’invitation ou téléphoner à l’Unesco ou écrire à l’Unesco. Une liste sera constituée à l’entrée (en effet, on s’aperçoit que pas mal de gens n’ont pas reçu le carton).

Maison de l’UNESCO – Salle I / 125, avenue de Suffren / 75007 Paris / Tél : 01.45.68.05.15
Retour sur Fond-des-Nègres
Alors que le musicien Wyclef Jean a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle d’Haïti, les Inrocks sortent de leurs tiroirs une très bonne chronique de Charles Najman, publiée initialement en Août 1997 :
Une étonnante maison de bois se profile sous un ciel lourd, gris anthracite.Installé en plein centre de la capitale, près du théâtre traditionnel des coups d’Etat qu’est le Palais national, l’hôtel Oloffson est le refuge des journalistes qui viennent encore écrire ici un article choc qu’ils intituleront fatalement »La République du cauchemar » ou, mieux encore, « Au pays des zombis » : Haïti reste décidément le mauvais rêve de la presse internationale. Un pays qui a des journaux et des mambos (prêtresse du vaudou), des partis et des esprits, des édits et des gris-gris, des lois et des loas (en créole, dieux du vaudou) ne se laisse pas facilement saisir par les gros titres des médias. Trop de contrastes, d’invraisemblance et d’incohérence pour les éditoriaux de l’Occident. On ne passe pas si facilement des quais de la Seine aux rives d’Agoué, le génie aquatique du vaudou haïtien.
L’Oloffson, c’est l’illusion perdue de Port-au-Prince. Dans cette ville en pleine destruction, saturée de bidonvilles, l’élite tente de recréer un paradis tropical pour cartes postales. Dans les années 50, c’est ici que Graham Greene écrivit Les Comédiens, un roman acerbe sur la dictature duvaliériste et les sinistres tontons macoutes, dans lequel l’hôtel jouait le rôle de décor principal. Avec l’adaptation hollywoodienne du livre, interprétée par Elizabeth Taylor et Richard Burton, l’Oloffson devint brusquement un rendez-vous obligé de la jet-set internationale. (…)
A lire sur le site des Inrocks
Royal Bonbon à Paris
L’excellent Royal Bonbon de Charles Najman sera projeté à Paris en présence du réalisateur Dimanche 24 janvier 2010 à 11h :
En solidarité au peuple haïtien les Films du Requin, le cinéma Max Linder et l’association Actions Pour Haiti présidée par Anne-Louise Mesadieu, comédienne franco-haïtienne du film Royal Bonbon, organisent une projection spéciale en aide aux victimes du tremblement de terre.
En présence du réalisateur Charles Najman et du producteur Cyriac Auriol
Entrée : 5 €
Dons libres à l’entrée du cinéma. Les fonds collectés par Actions Pour Haiti seront versés à l’organisation Hope For children en Haiti (lespwa Pou Timoun) œuvrant auprès des enfants des rues
Cinéma Max Linder Panorama
24 bd Poissonnière 75009 Paris métro Grands Boulevards (ligne 9)
Infoline : 06 17 28 56 19/ 06 50 68 86 43
Ouverture des portes à 10h30
Source :
http://collectif2004images.org/
En savoir plus sur Royal Bonbon :
http://www.liberation.fr/cinema/0101442334-royal-bonbon-ubu-bride
