Wyclef Jean Président ?

Le rappeur Wyclef Jean réfléchirait très sérieusement à être candidat à l’élection présidentielle (qui aura lieu à Haïti le 28 novembre prochain).

La musique mène aussi à la politique !

Certains d’entre nous se souviennent de l’épisode Manno Carlemagne, qui dans les années 90 avait été maire de Port-au-Prince, il semblait alors être rentré dans ce que nous pourrions appeler le « complexe du sauveur », la musique n’existait plus vraiment, le désarroi lui, était grand.

Ti-Coca Simbi Dlo

Il y a quelques jours, j’assistais armé de ma caméra au concert de Ti-Coca et de son groupe à Paris ; je suis très heureux de partager avec vous un instant de ce moment privilégié. Ti-Coca représente selon moi le meilleur de ce que l’on peut appeler le « folk » haïtien.

Ti-Coca & Wanga Nègès interprètent ici le classique vaudou haïtien « Simbi Dlo » (le mardi 15 Juin 2010 au Zèbre de Belleville à Paris).

Images & réalisation : Louis Collin

Simbi représente une famille de dieux serpent, Simbi Dlo est le gardien des sources et des points d’eau. Pour écouter d’autres interprétations du titre Simbi Dlo RDV ici

Merci au groupe et à Accords Croisés.

Problème d’hébergement

Bonjour à tous, suite à un problème d’hébergement, le site a été coupé ce WE, tout rentre dans l’ordre désormais. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Et pour faire oublier cette histoire, une vidéo de Ti-Coca lors de son passage à Paris est en cours d’encodage !!

A très bientôt donc sur musiquehaïtienne.fr, et n’hésitez pas a faire circuler l’adresse (facebook, mail, twitter etc.) pour aider le site et son référencement.

EDIT : La vidéo de TI-COCA est disponible ici

Haiti toujours en ruines

Six mois après le séisme, la situation en Haïti reste désolante, un article de Jean-Michel Caroit pour Le Monde :

La petite tente rafistolée avec des bouts de bâches est transformée en étuve par l’implacable soleil tropical. Un matelas, des vêtements chiffonnés dans une bassine et des ustensiles de cuisine. « C’est tout ce que j’ai sauvé quand ma maison s’est effondrée », soupire Nadine Beaujour.

La jeune femme, enceinte, vivait à Mariani, tout près de l’épicentre du séisme qui a tué près de 250 000 Haïtiens le 12 janvier. « Je suis arrivée à terme mais le bébé ne veut pas sortir, sans doute parce qu’il sait que je n’ai rien à lui donner à manger », ajoute-t-elle. Elle a perdu une fillette de 5 ans écrasée sous les décombres et son mari, blessé, ne peut plus travailler.

Six mois après le tremblement de terre, frustration, désespoir et, parfois, colère dominent dans les quelque 1 300 campements où s’entassent plus de 1,6 million de réfugiés. Les plus démunis y côtoient les sinistrés de la classe moyenne, enseignants, avocats et étudiants, qui ont tout perdu, les plongeant brutalement dans la misère et la promiscuité des camps.

Au milieu des gravats et des odeurs d’excréments, les tentes occupent des parcelles de chaussée et un terre-plein central, îlot coincé entre plusieurs avenues, à la sortie de la banlieue de Carrefour. Les familles survivent là, entre deux flots de véhicules, à la merci des accidents.

LA SAISON DES CYCLONES

« Jusqu’à quand vivrons-nous comme ça ? Le gouvernement ne fait rien pour nous, seule l’ONG Care nous donne un peu de travail. Dieu est mon seul espoir », s’exclame Maude Saint-Hubert, qui a trouvé refuge au camp de la Cité Jean-Baptiste, à une douzaine de kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince. Une cinquantaine de latrines y ont été installées par le Secours islamique de France.

Au lendemain du séisme, un formidable élan de générosité a mobilisé plus de 2 milliards de dollars (1,58 milliard d’euros) de donations privées à travers le monde. Une partie de ces sommes a été dépensée par les ONG dans l’aide d’urgence : soins, nourriture, tentes, équipements sanitaires, etc. Six mois plus tard, la situation n’a pas évolué alors que la saison cyclonique, de juin à octobre, pourrait se révéler dévastatrice.

La phase de reconstruction démarre à peine. Réunis à New York le 31 mars, les bailleurs de fonds avaient promis 10 milliards de dollars pour rebâtir Haïti. Plus de la moitié de la somme devait être déboursée sur dix-huit mois. Mais moins de 2 % de l’aide est arrivée : le fonds multibailleurs créé par la Banque mondiale n’a reçu jusqu’à présent que les contributions du Brésil et de la Norvège.

« LE GRAND PROBLÈME, ÉVACUER LES GRAVATS »

Port-au-Prince reste un vaste champ de ruines. Partout, ce ne sont qu’amas de décombres et d’édifices effondrés. « Le grand problème, c’est d’évacuer les gravats et de trouver des terrains afin de construire des abris transitoires pour les sinistrés », explique Peter Rees, responsable du « cluster » (groupe de travail) abris aux Nations unies.

Seuls 250 000 m3 de décombres ont été déblayés sur un total estimé à 20 millions. Il n’y a que 300 camions disponibles alors qu’il en faudrait au moins 1 000. Une seule décharge est habilitée à recevoir les débris. Armés de pelles et de brouettes, des brigades de jeunes dégagent les gravats dans le cadre des programmes « cash for work » (argent contre travail). Leur effort paraît dérisoire face à l’ampleur de la tâche.

En liaison avec le gouvernement, les experts des Nations unies ont élaboré un plan de 120 millions de dollars qui permettrait d’évacuer rapidement 2 millions de m3 de décombres. Mais l’expérience menée dans le quartier de Fort National, où le président René Préval souhaite reloger les sinistrés qui occupent le champ de Mars, face au palais présidentiel, montre les difficultés de la tâche. Près de 80 % des sinistrés ne possèdent pas leur logement, or il faut obtenir l’autorisation des propriétaires pour déblayer les terrains.

Des équipes d’ingénieurs du ministère des travaux publics ont inspecté près de 170 000 maisons. 25 % classées « rouge », doivent être détruites. 28 %, marquées en jaune, sont endommagées mais peuvent être restaurées et 47 %, vertes, sont intactes. Traumatisés par le séisme et les nombreuses répliques, beaucoup d’habitants craignent de dormir dans leur maison, même lorsqu’elles ont été classées « vertes ». Quant aux propriétaires des maisons jaunes, la plupart n’ont pas les moyens de payer les réparations.

UN POUVOIR POLITIQUE VACILLANT

Le manque de terrains est le principal obstacle à la construction des abris transitoires – des structures en bois ou en tôle – qui offrent une meilleure protection face aux intempéries. Seulement 3 700 ont été construits jusqu’à présent sur les 125 000 annoncés.

« C’est la pire catastrophe jamais enregistrée en milieu urbain et elle a frappé un pays qui vivait déjà en état de désastre structurel », rappelle Nigel Fischer, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies. Ce Canadien a été appelé d’urgence pour tenter de coordonner les efforts dispersés des bailleurs de fonds, des ONG et du gouvernement.

« Il n’y a pas eu d’épidémie dans les camps et nous avons mené une campagne de vaccination massive. Il n’y a pas eu non plus de pillage comme au Chili, ni d’explosion de violence. Mais pour reconstruire, il faut une stratégie et une planification », ajoute-t-il. Déjà faible avant le séisme, l’Etat haïtien a perdu 20 % de ses cadres et 70 % de ses infrastructures. Le pouvoir politique est vacillant : le président René Préval est en fin de mandat et durement critiqué par l’opposition.

Source :
http://www.lemonde.fr/

Wyclef Jean et les Promesses

Le chanteur et producteur Wyclef Jean s’inquiète des belles promesses sans véritable lendemain ; voici son état des lieux :

Il y a six mois, un tremblement de terre a dévasté ma terre natale : Haïti.

Depuis l’époque où j’étais membre du groupe The Fugees, et bien avant que je co-fonde Yéle Haïti, une ONG créée il y a cinq ans visant à lutter contre la pauvreté et trouver des solutions aux problèmes d’éducation, de santé, d’aide à l’enfance, de secours et d’environnement dans mon pays natal, je me suis fait la promesse de toujours attirer l’attention sur Haïti. Aujourd’hui, je me dois de veiller à ce que l’intérêt mondial porté à Haïti ne s’essouffle pas. Je souhaite seulement arrêter le processus de destructions.
Un an avant le tremblement de terre, je déclarais sur mon blog : « Si nous n’agissons pas maintenant, le navire continuera de couler ». Haïti a encore besoin de notre aide, aujourd’hui plus que jamais. Beaucoup de promesses ont été faites après la catastrophe du 12 janvier, et nous voulons qu’elles soient tenues. Au sein de Yéle, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir.

La reconstruction d’Haïti nous tient à cœur à mon épouse Claudinette et à moi-même. Depuis le tremblement de terre, nous avons effectué de nombreux voyages là-bas. J’y étais le 13 janvier et plus récemment, fin juin. Nous avons observé la situation de nos propres yeux, nous avons écouté les gens sur place y compris le personnel permanent de Yéle et ses volontaires.

Conclusion : nous ressentons de la frustration. Les ruines et bâtiments effondrés n’ont pas disparu. Je pensais qu’en allant là-bas, j’allais voir des milliers de tracteurs sur chenille déblayant le sol mais je m’étais trompé.

J’en ai discuté avec Enrique Silva, professeur à l’université de Boston. Il m’a dit et je le cite : « La reconstruction d’Haïti va bien au-delà de l’effondrement spectaculaire des bâtiments et infrastructures. Il est également question ici de structures politiques, sociales et économiques qui ont certainement aggravé l’impact du tremblement de terre ».

La reconstruction du pays a été retardée par des litiges fonciers, des barrages bureaucratiques, des problèmes de douanes, des divergences d’opinion quant à la stratégie à adopter et y compris des retards dans la réception des promesses de dons faites à Haïti. Selon Associated Press, seulement 2 % des 5,3 milliards de dollars de promesses de dons faites à moyen terme ont été reçus.

A cela s’ajoute maintenant la saison des ouragans qui commence dans un mois sans oublier que Port-au-Prince est balayé chaque jour par des tempêtes tropicales. Yéle Haïti s’efforce de transférer les gens vivant dans des tentes vers des petites maisons temporaires, mais le manque de terrains et de ressources limite notre champ d’action. Résultat : plus d’un million de mes frères et sœurs les plus vulnérables n’ont toujours pas d’abris décents.

NOUS DEVONS TOUS RENFORCER NOS EFFORTS POUR REDONNER ESPOIR

Je me suis également entretenu avec Jayne Fleming, avocate spécialisée dans les droits de l’homme, travaillant pour un prestigieux cabinet d’avocats qui lui permet de faire du bénévolat pour aider Haïti. Les histoires qu’elle m’a racontées m’ont horrifié et m’ont fait l’effet d’une seconde douche froide. C’est alors qu’une évidence s’est imposée à moi : je devais continuer à me battre pour Haïti. Jayne m’a expliqué que – et je la cite – « les gens vivent toujours dans des tentes montées à partir de chiffons, cartons et plastique. Le manque d’abris respectant les normes constitue non seulement une violation des droits de l’homme, mais de nombreux problèmes en découlent également. La population est exposée à un plus grand risque de blessures et de maladies parce qu’elle vit dans des conditions difficiles et insalubres. Les femmes, plus particulièrement, sont exposées à un risque plus élevé de violence et de viols étant donné qu’elles n’ont pas de maison où s’enfermer la nuit. Quant aux enfants, ils sont soumis à un risque plus important d’enlèvements, de trafic et prostitution parce qu’ils vivent dans la rue ».

« J’ai interviewé plus de trente victimes de viol à Haïti, continue Jayne. Aucune de ces femmes ne pense que le gouvernement les protègera, jugera les criminels ou assurera leur sécurité. Par exemple, une femme a porté plainte pour tentative de viol à la police qui lui a conseillé d’en parler au président car ils avaient déjà entendu des dizaines d’histoires comme la sienne. Comment voulez-vous que les gens gardent espoir dans un environnement aussi hostile ? »

Beaucoup de promesses ont été faites à Haïti au cours des six derniers mois. Les Haïtiens se sentent abandonnés et commencent à penser que ces promesses ne seront pas tenues.

Avec Yéle Haiti, nous nous efforçons de tenir notre part de promesses. Au cours des six derniers mois, nous avons distribué 84 000 repas chauds, environs 7,5 millions litres d’eau, 700 plateaux-repas et 14 000 boîtes de conserve de nourriture. Nous avons également soutenu Airline Ambassadors dans le cadre de la distribution d’équipements médicaux et de médicaments aux victimes. Nous faisons venir des Etats-Unis des containers de nourriture, vêtements, lampes torches et du matériel médical. Nous avons fourni plus de 1 500 tentes et 870 bâches pour 34 tentes communautaires.

Nous plantons des arbres, créons des emplois et nous allons créer une communauté agricole durable et permanente pour 5 000 personnes près de Croix-des-Bouquets. Nous avons également l’intention de construire une grande cuisine au siège de Yéle Haïti à La Plaine où nous recruterons des femmes de la région et leur apprendrons à lire et faire du business tout en distribuant 15 000 repas par jour pour nourrir les gens qui meurent de faim.

Toutefois, nous devons tous renforcer nos efforts au cours des six prochains mois pour redonner espoir aux femmes, enfants et à toute la population et leur montrer que nous pouvons surmonter ce désastre. Il ne suffit pas de tenir ses promesses. Il faut aller au-delà et faire du suivi.
Heather Paul, PDG de SIS Children’s Villages USA, m’a récemment dit : « Les gens ont besoin de voir des signes de progrès ».

A MOYEN TERME, VOICI SELON MOI CE DONT HAÏTI A BESOIN :

Au cours des trois prochains mois :

La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti doit débloquer 150 millions de dollars de promesses de dons pour assurer une sécurité publique cohérente et un plan de sécurité qui réponde aux problèmes de violence, d’enlèvement, de viol et d’abus sexuel qui règnent à travers le pays, particulièrement parmi les communautés les plus vulnérables. La Commission doit également débloquer 150 millions de dollars de promesses de dons pour mettre en place un programme sérieux destiné à nettoyer les ruines tout en permettant de créer des emplois pour les jeunes, les aider à se nourrir ainsi que leur famille. Ce programme doit également constituer le vrai commencement du processus de reconstruction et donner à tout le monde de l’espoir pour le futur.

Au cours des quatre prochains mois :

Les dirigeants de la Commission, les Nations unies, les anciens présidents américains George Bush et Bill Clinton devraient être appelés à s’engager eux-mêmes à collecter les milliards de dons faits par la communauté internationale pour secourir Haïti et assurer que ces dons soient vraiment reversés.

Une fois que ces objectifs seront atteints, que les Haïtiens seront vraiment en sécurité et auront retrouvé leur fierté, que les infrastructures seront de nouveau sur pied et que le pays sera lancé vers une nouvelle destinée, pourquoi ne pas se fixer des objectifs plus légers ? Pourquoi ne pas organiser une coupe du Monde de football à Port-au-Prince ?

Je souhaiterais terminer sur ces quelques mots du grand sage Gandhi : « La rupture d’une promesse laisse la porte ouverte au mensonge ».

Je suis un guerrier, je ne peux rester sans rien faire quand des promesses ne sont pas tenues. Je n’abandonnerai jamais. J’espère que vous non plus.

Florent Malouda à Haiti

Le joueur de Chelsea Florent Malouda est à Haïti pour une opération humanitaire (Yele Haiti), l’occasion d’un boeuf improvisé avec des enfants, visible sur cette vidéo :

Finalement tout réussi à Florent Malouda, et à la différence de nombreux joueurs français embarqués dans le fiasco du mondial, il est le seul à semble-t’il rester humain et serein.

Ti-Coca à Paris !!

A ne pas manquer, Ti-Coca & Wanga Nègès à Paris au Zèbre de Belleville, ce mardi 15 juin 2010.
Pour profiter du concert au tarif réduit de 15 euros, merci de me contacter par mail : ticoca@demo-d.com
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Concert de solidarité avec Haïti

Concert de solidarité avec Haïti, le lundi 31 mai 2010 (Cathédrale Saint-Louis des Invalides, Esplanade des Invalides 129, rue de Grenelle 75007 Paris).

Le contre-ténor/sopraniste martiniquais Fabrice Di Falco est à l’initiative d’un concert de solidarité avec Haïti intitulé « Voix d’ange et Notes Célestes ».

Le programme est construit autour d’œuvres spirituelles baroques dédiées à la Sainte Vierge, patronne de la Cathédrale de Port au Prince
et des compositions inspirées de la chanteuse haïtienne
JOYSHANTI (Dominique Sylvain) qui interprètera aussi un florilège de chansons traditionnelles haïtiennes.

Les notes célestes seront prodiguées par un quintet composé d’une claveciniste (Huguette Gremy-Chauliac), d’une flutiste (Catherine Dury), de deux organistes (Laurent Jochum et Ian Hockley) et du percussionniste Victor Perret.

Tous seront réunis le 31 mai à 20h30 en la cathédrale Saint Louis des Invalides à Paris, pour un concert placé sous le signe de la spiritualité, de la philanthropie et du métissage.

Les recettes serviront à la reconstruction de la Cathédrale Notre Dame de Port au Prince.

Pas de droits d’entrée à acquitter mais un appel aux dons et à la générosité du public lors du concert et une réservation préalable au 01 44 42 35 07.