La Musique Haitienne

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Les origines du vaudou Haïtien

Le vaudou est née d’une résistance opiniâtre, qui coïncide avec l’arrivée des premiers esclaves débarqués sur l’île à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Une ordonnance de 1704 interdisant aux esclaves de « faire des assemblées de nuit sous prétexte de danses générales », atteste notamment qu’avant la constitution aboutie du vaudou, les esclaves se réunissaient déjà la nuit pour célébrer leur culte directement importé d’Afrique. C’est de ces réunions secrètes et vite interdites que va naître le vaudou, cette religion de déracinés à la recherche de racines, produit du choc de deux civilisations.

Le véritable point de départ historique du vaudou dépend de la conception que l’on s’en fait.
S’il s’agit d’une religion aux contours bien dessinés, il faut probablement attendre la cérémonie du Bois-Caïman du 14 août 1791 telle qu’elle a pu être décrite : on y trouve en effet tous les signes distinctifs du vaudou, c’est-à-dire cette harmonie particulière entre le chant, la danse et les sacrifices d’animaux provoquant les inévitables et énigmatiques crises de possession.

Cette cérémonie vaudou sous la direction de Boukman, chef des esclaves, mènera grâce à la révolte victorieuse à l’effondrement de l’esclavage en 1804.

Il s’agit d’un pacte scellé dans le sang : « On introduit alors un cochon noir dont les grognements se perdent dans le rugissement de la tempête. D’un geste vif, la prêtresse, inspirée, plonge son coutelas dans la gorge de l’animal. Le sang gicle, il est recueilli fumant et distribué, à la ronde, aux esclaves ; tous en boivent, tous jurent d’exécuter les ordres de Boukman. ».

Le mot d’ordre de Boukman étant l’extermination des Blancs et la libération de la colonie, la cérémonie du 14 août 1791 est l’étincelle qui déclenche la guerre de l’Indépendance.

Le moyen de la lutte devient un culte victorieux, tout puissant. Il ne s’agit plus d’une simple religion, mais d’un véritable outil de cohésion. La cérémonie du Bois-Caïman est un acte fondamentalement politique qui canalise toutes les énergies d’un peuple.

Avant cette cérémonie, la révolte de Makandal, un demi-siècle plus tôt, s’était soldée par un échec, mais constitue cependant un des actes fondateurs du vaudou et de l’indépendance haïtienne.

En 1757 Makandal, esclave originaire de Guinée prend la tête d’une bande d’esclaves marrons. Il fanatise ses adeptes et utilise le poison comme arme dans sa lutte contre les Blancs. Capturé au cours d’une cérémonie vaudou, il fut brûlé vif, mais son image de prophète perdure dans l’esprit des marrons.

 

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Une homogénéisation dans la douleur